Le management bienveillant, outil performant et humain

Depuis plusieurs mois, de nouvelles tendances managériales peuvent être observées au sein des structures professionnelles, avec pour objectif de réinventer en profondeur la notion-même de leadership. Parmi ces nouvelles méthodes de gestion et d’organisation du travail : le management bienveillant, censé lutter efficacement contre le stress au travail et les phénomènes de burn out qui peuvent être associés. Cette publication vise avant tout à mieux vous informer en tant que professionnel des RH sur les nouvelles pratiques à adopter pour optimiser les performances de vos collaborateurs et limiter au maximum les situations d’agressivité au travail.

Le management bienveillant en quelques mots

Le management bienveillant vient à l’origine du terme latin « bene volens » qui signifie inoffensif ou sans gravité. Il consiste tout simplement à replacer l’humain au cœur des relations – et donc, d’une certaine manière, au cœur de l’entreprise. Les objectifs de cette initiative, qui sont à la fois individuels et collectifs, doivent permettre à chacun de développer la créativité au travail et de limiter au maximum toute forme de présentéisme, sans tomber dans un excès de naïveté. En effet, le management bienveillant n’a pas pour but principal de « copiner » avec ses équipes, ni d’organiser des soirées ou des week-ends. Le management bienveillant en télétravail n’est pas non plus une pratique qui doit être encouragée à tout prix et sans aucun discernement. La bienveillance se fonde davantage ici sur des qualités humaines, et une certaine capacité à entrer en empathie pour mieux lutter au quotidien contre la perte de sens au travail ou toute forme de bore out.

Le management bienveillant n’est pas une notion particulièrement récente au regard de l’histoire des organisations. En effet, des études furent menées dès le début du XXe siècle aux États-Unis, au moment du développement du taylorisme. Une équipe de chercheurs, en visite auprès d’une usine d’électricité de Chicago, s’inquiétaient alors des conditions de travail des ouvriers. Pour éviter une baisse dramatique de la productivité, ces mêmes chercheurs ont donc imaginé des stratagèmes pour jouer sur la motivation au travail (réhabilitation du cadre de travail, optimisation de la luminosité, etc…). Plus proche de nous, les mouvements sociaux de 1968 en France ont convaincu les grandes organisations patronales françaises d’assouplir les conditions de travail des ouvriers, qui souhaitaient plus de reconnaissance et de perspectives d’évolution dans leur carrière.

Aujourd’hui, le management bienveillant est inclus dans un écosystème plus large en lien avec l’environnement de travail. Il ne s’agit plus de donner uniquement des gages de reconnaissance aux ouvriers, collaborateurs et salariés mais d’améliorer le bien être au travail et de garantir ainsi une certaine forme d’épanouissement professionnel. Les travailleurs attendent désormais de leur activité qu’elle soit porteuse de sens. C’est dans cette optique que de nouvelles disciplines professionnelles voient désormais le jour pour améliorer la convivialité au sein de l’entreprise : on pense bien sûr au métier de Chief happiness officer, qui évolue entre les domaines de la communication, des ressources humaines et du coaching et dont l’un des objectifs principaux est de trouver des solutions viables à des phénomènes de désengagement au travail.

Management bienveillant avantages et inconvénients

En premier lieu, il convient de mettre en avant l’idée qu’une politique de bienveillance au travail permet de favoriser le bien être au travail des salariés. Ainsi, selon les conclusions tirées d’une étude du MIT, les salariés heureux sont deux fois moins malades, 6 fois moins absents et 9 fois plus loyaux. Mieux encore : le sentiment de bonheur au travail augmente la productivité des collaborateurs de 31%, et leur créativité de 55%. D’autres indicateurs permettent de mieux comprendre les effets à long terme d’une politique de management plus humaine :

  • La baisse de l’absentéisme et du turnover : lorsque les salariés se sentent respectés, ils sont moins tentés par l’absentéisme, et par l’idée de quitter leur entreprise. Ainsi, le confort de travail est une donnée qui doit être soupesée dans la balance, à égalité avec le salaire.
  • La hausse de l’engagement et de la productivité : une politique de management « humaine » contribue à un meilleur engagement des salariés, à leur bien-être au travail et performance organisationnelle. Selon une étude menée par l’institut américain Gallup, seulement 9% des employés se sentent réellement engagés dans leur entreprise.
  • La confiance, la prise d’initiative et la créativité au travail : grâce à une politique de gestion du stress au travail, une relation de confiance s’établit entre les individus. De fait, ces nouvelles marques de confiance poussent les salariés à essayer de nouvelles choses pour atteindre les objectifs de l’entreprise et même les dépasser.

Le management bienveillant a toutefois ses inconvénients, à commencer par la difficulté de prendre une décision, même pour le bien commun. Un leader bienveillant peut parfois être amené à agir en contradiction totale avec ses valeurs. Toutefois, ne pas prendre de décision peut aggraver la souffrance au travail, et peut contribuer à fragiliser l’équilibre collectif.

Quelles sont les limites du management bienveillant ?

Les limites de l’approche humaine en entreprise surviennent lorsque, par exemple, un collaborateur se montre réfractaire à cette nouvelle politique. Dans ce cas particulier, il est important de ne pas laisser traîner les choses et de faire preuve d’anticipation. Le manager limite ainsi les risques de la tentation de revenir à un style de management antérieur. D’une manière générale, il convient de ne pas confondre bienveillance et exigence : un bon manager n’est pas un manager faible, et il doit être en mesure d’appliquer une réaction juste et constructive lorsqu’une erreur est commise par un ou plusieurs salariés.

Quelles sont les étapes fondamentales du management bienveillant ?

La plupart du temps, les méthodes managériales modernes usent de 12 étapes clés pour réussir et atteindre leurs objectifs :

  • Pratiquer l’écoute active : cette première étape n’est pas toujours facile à gérer notamment si, en votre qualité de dirigeant, vous avez toutes les peines du monde à laisser vos collaborateurs s’exprimer sans leur couper la parole. L’écoute active permet donc de laisser vos équipes s’exprimer le plus librement possible avant de formuler votre réponse. De cette manière, vos collaborateurs se sentiront réellement considérés.
  • Faire preuve d’empathie : cette notion ne doit pas être confondue avec la compassion. L’empathie est cette capacité que vous devez apprendre à développer, en tant que responsable, de façon à vous mettre à la place de vos collaborateurs. Comprendre les choses selon un autre point de vue devient dès lors une nécessité vitale dans les organisations complexes.
  • Faire confiance à ses collaborateurs : sans confiance, il ne peut y avoir de rapports authentiques et sincères entre deux personnes. La confiance au travail est donc une donnée primordiale si vous souhaitez motiver et impliquer davantage vos collaborateurs dans la durée.
  • Se remettre en question : un manager bienveillant doit accepter qu’il ne dispose pas de toutes les réponses. De cette manière, il parvient à tirer parti des meilleurs aspects du collectif et encourage les collaborateurs à évoluer et s’améliorer.
  • Donner plus d’autonomie aux équipes et les responsabiliser : il n’y a rien de plus pénible qu’un manager constamment sur le dos de ses collaborateurs, à leur dicter quoi faire à tout moment. Alors qu’en apportant une vision ou un objectif à atteindre, on permet à chacun de travailler en empruntant la méthodologie qui lui convient le mieux.
  • Valoriser, féliciter, célébrer : un collaborateur mérite d’être salué pour son travail ou pour ses compétences ? N’hésitez jamais à le reconnaître dès que vous le pouvez.
  • Donner le droit à l’erreur : car celle-ci est humaine, et qu’il peut nous arriver à tous de commettre une imprudence. En bref, donner le droit à l’erreur, c’est donner l’occasion à celui qui la commet de la corriger et donc d’apprendre.
  • Pratiquer un discours élégant et les gestes adéquats : évitez de critiquer ou de dénigrer vos collaborateurs dans leur dos. Privilégiez la communication directe et évitez de parler d’une personne en des termes négatifs.
  • Se rendre davantage disponible : faites en sorte que votre porte soit toujours ouverte à vos collaborateurs, notamment et surtout en cas de problèmes. Cela ne veut pas dire que la situation doit être traitée dans l’immédiat, mais le simple fait d’écouter constitue déjà une bonne approche.
  • Se montrer poli et agréable en toute circonstance : montrez-vous agréable et de bonne humeur au travail tout au long de la journée, et vous contribuerez à faire de votre environnement un lieu sain pour vous-même et vos collaborateurs.
  • Faire la démonstration d’une fiabilité à toute épreuve : si vous vous engagez sur un projet, vous devez le mener à terme. Si vos équipes rencontrent des difficultés, prenez votre part de manière à avancer collectivement.
  • Conserver son calme en toute circonstance : il est impératif que vous conserviez votre calme, même en cas de situation inattendue génératrice de stress. S’énerver, c’est céder à la panique et concentrer son énergie au mauvais endroit.

La formation au management bienveillant

Bien que la capacité à diriger ses équipes de manière bienveillante puisse être innée, elle peut aussi s’acquérir avec l’expérience ou par le biais d’un organisme de formation en management bienveillant. Ceux-ci sont constitués la plupart du temps de modules permettant d’acquérir les bases. Le Centre National de la Formation Publique Territoriale (CNFPT) propose par exemple des sessions pour les agents en situation d’encadrement. Les principaux objectifs de cette formation sont par exemple : comprendre l’importance de donner du sens au travail, utiliser la notion de bienveillance comme dynamique de progression des équipes, acquérir des outils permettant l’émergence de conditions favorables à la performance des équipes, etc…

Pour mettre en avant un management bienveillant exemple entreprise, nous citerons l’exemple du groupe Casino, qui s’attache depuis 2014 à mettre en œuvre une politique de management bienveillant au service de la proximité avec les clients. Parmi les huit leviers mobilisés par le groupe, on retrouve la volonté d’accorder une juste autonomie à chaque collaborateur, et l’attachement à passer systématiquement du pessimisme à l’optimisme.

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